Fossés

Maule (78)

Avec ses 17% de dénivelé le sol refuse farouchement l’horizontale.
Face à une telle pente, la construction conventionnelle panique généralement : elle sort les pelleteuses, mutile le terrain et érige des murs de soutènement aussi coûteux que disgracieux. Nous avons choisi la posture inverse. Nous avons refusé de violenter la topographie pour l’écouter, l’épouser et transformer ce handicap géographique en l’atout luxe majeur de la propriété.

 

Voici l’histoire d’une réhabilitation où l’architecture apprend de la pente pour réinventer l’art de vivre en extérieur.

L’extension affirmée ne s’excuse pas d’exister, elle répond à l’existant avec une politesse radicale.
Là où la maison d’origine retrouve la noblesse d’un enduit traditionnel à la chaux crème et d’un soubassement de pierre, le nouveau volume impose sa propre vérité matérielle. Habillé d’un bardage bois grisé, mat et changeant, il capte la lumière francilienne pour faire vibrer le paysage.

Le neuf ne se déguise pas en ancien.

Les deux volumes s’alignent sur la rue puis se décrochent brutalement à l’arrière, créant dans ce pli stratégique une terrasse intime de dix-huit mètres carrés à l’abri des regards.
C’est une tension permanente entre le minéral et le végétal, le lisse et le veiné, qui raconte d’un seul regard l’histoire et l’évolution du lieu.

Le véritable coup de force architectural se situe au sud-ouest.
Plutôt que de subir la déclivité, nous en avons fait un dispositif spatial théâtral.
Autour de la piscine en béton, coulée au cœur d’une terrasse en bois naturel, le terrain se découpe en gradins successifs.
La contrainte technique se métamorphose en un amphithéâtre domestique où l’on s’assoit, où l’on s’allonge, et où l’on descend vers l’eau comme on s’avancerait vers une scène.